James Matthew Barrrie

Almanach barrien

Échange de messages

Dear Professor Houseman,
I am sorry about last night, when I was sat next to you and did not say a word. You must have thought I was a very rude man; I am really a very shy man.

Sincerely yours,
J.M. Barrie

Dear Sir James Barrie,
I am sorry about last night, when I was sat next to you and did not say a word. You must have thought I was a very rude man; I am really a very shy man.

Sincerely yours,
A. E. Housman


P.S. – And now you’ve made it worse for you have spelt my name wrong.

« On dit que chacun de nous porte un roman en soi. Barrie écrivit en pleine conscience le sien dans Sentimental Tommy et dans sa suite, Tommy and Grizel. En écrivant, l’œil collé sur les enfants Davies, Barrie a puisé en lui, inconsciemment, dans les replis les plus intimes de son âme, avec plus de vérité et de spontanéité qu’il n’en avait l’intention. En agissant de la sorte, il fut pris à son propre jeu, car tel est le génie : le reflet de quelque chose de plus profond et de plus universel que l’esprit n’en a conscience. » Roger Lancelyn Green
Traduction : Céline-Albin Faivre

"Alors, à nouveau, on aperçoit Wendy à la fenêtre , dans sa robe de mariée. Elle pleure un peu, puis courageusement elle referme la fenêtre à guillotine, pour signifier que les jours du Faire-Semblant sont révolus. Elle sourit et ce sourire n’est qu’à elle."
Traduction : Céline-Albin Faivre

Heaven for climate, hell for company…

On retrouve ce trait d’esprit dans The Little Minister : “Maybe you’ve ower keen an interest in the devil, Tammas,” retorted the atheist; “but, ony way, if it’s heaven for climate, it’s hell for company.” Mais Mark Twain lui a également donné sa réputation, puisque l’on retrouve cette occurrence dans l’un de ses carnets…

J.M. Barrie a toujours été « amoureux » de Cendrillon, qui est la femme qui apparaît peut-être le plus fréquemment dans ses Carnets et dans ses histoires : A Lady’s Shoe, les incursions du personnage dans The Little White Bird, dans Tommy and Grizel… Elle semble incarner, pour lui, un idéal de pureté morale et de courage, symbolisant les valeurs de la féminité et de la maternité conjuguées sans heurt. La femme-enfant, idéal qui n’était pas encore né à son époque ou qui n’avait pas le sens que lui donna par la suite un Nabokov, et qu’il a étonnamment plus ou moins esquissé dans sa perfection, est incarnée par sa Cendrillon.
Seul un Robert Walser, peut-être, a su donner aux contes un lustre nouveau, aussi beau que celui que Barrie offre à ce personnage éternel du conte. Sa Cendrillon est aussi bien la Belle au Bois Dormant que Blanche-Neige par certains aspects, et plus encore la petite fille aux allumettes d’Andersen. Cette Cendrillon est la quintessence du conte de fées. Elle donne à percevoir le passage de l’enfance à l’état adulte. Mieux, elle est ce passage et, pour cette raison, elle doit mourir. De tous les contes de fées, c’est celui est peut-être le plus pur, celui qui comporte le moins d’effroi, une morale simple et noble : les jeunes et nobles cœurs sont récompensés. Cependant, l’histoire de Barrie est plus sombre et plus proche de la réalité que du conte de fées. Plus que l’on ne pourrait y songer d’emblée. Voici la preuve, si besoin était, que Barrie est définitivement un réaliste, comme il se nomme lui-même. Et sa Mary Rose est une version plus sombre du même personnage.

Hook dans un des premiers brouillons de la pièce de Barrie : “Je suis un maître d’école pour me venger des garçons. Je les attrape comme ceci, avec mon crochet, et alors je les maintiens comme cela ! Quand on a su quel ingénieux crochet j’avais là, tous les pères de la joyeuse Angleterre d’autrefois ont réclamé à cor et à cri mes services ! “
Traduction : Céline-Albin Faivre